mercredi 4 juin 2014

17 Mai – Ja, vi elsker dette landet!

La caserne des pompiers est-elle assez décorée..?
Le 17 mai est la fête nationale en Norvège. On commémore l’écriture de la première Constitution norvégienne, en 1814. (Que cette Constitution ait été écrite en danois car le norvégien n’existait pas encore à l’écrit après des siècles de domination – et que la Norvège ait été, après trois mois d’indépendance seulement, assujettie a la Suède pour 91 ans de plus – ne modèrent que peu l’attachement des Norvégiens pour cette date). Le 17 mai 1814 donc, l’assemblée constituante adopta, à Eisdvoll (pas loin d’Oslo), un texte radicalement démocratique a l’époque, par lequel le roi est choisi par le peuple - et qui est aujourd’hui la deuxième plus ancienne constitution encore en vigueur (après la Pologne)












Motivation supplémentaire: le gâteau traditionnel
Fait de cercles en génoise / poudre d'amandes
Cette année est particulière car si vous comptez bien… cela fait 200 ans ! Nous nous apprêtons donc à fêter dignement ce noble anniversaire, et la veille du Grand Jour nous voit studieuses et affairées, à apprendre l’hymne national, « Ja, vi elsker ». Composé en 1860, la traduction littérale du refrain en est :

« Oui, nous aimons ce pays, qui s’étend
Déchiqueté et battu par les vents, au-dessus de l’eau,
Avec ses mille foyers
Aimons, aimons et pensons à notre père et notre mère
Et aux nuits de saga qui descendent sur la terre. »














Notre amie Sofie pose pour nous
Le jour même, sous un soleil radieux nous nous dirigeons vers la ville (qui résonne depuis 7h des tambours des buenkorps – voir notre article de l’année dernière). Les rues sont pleines de familles endimanchées, les hommes en costumes - et toutes les femmes sans exception portent le "bunad" de leur région d’origine. Ce vêtement compose d’une jupe ample et d’un plastron coloré recouvrant un chemisier blanc est traditionnellement cousu par la mère et la grand-mère d’une jeune fille et offert à la confirmation de celle-ci. Orné de chaînettes et boutons en argent, un tel habit coûte plus de 30,000 couronnes et on n’en reçoit qu’un dans sa vie ! (Les garçons aussi en ont un, mais ils le portent moins souvent, pour certaines cérémonies familiales seulement).













Pour une fois notre tenue de berguennoises typiques (pantalons de sport et vestes fluos) dénote, et on mise sur les petits drapeaux dont on a pris soin de se munir pour se faire accepter. La parade s’étire entre la forteresse et la place des fêtes au bord du lac, le loin du quai de Bryggen, en plein centre historique. Toutes les écoles, tous les clubs de sport, toutes les associations de toutes professions, confessions, occupations… défilent. Des heures de couleurs et de musique, tout ça si bien organise que le cortège peut même repasser en sens inverse le long du même parcours, en croisant les suivants – sans qu’aucun buenkorps s’éborgne de son arbalète en plastique les gymnastes qui font des acrobaties.


















Quelques heures plus tard, les discours officiels ont lieu sur la place des fêtes, sur une estrade en forme de drakkar - pas du tout kitsch – et prudemment abritée sous un affreux taud en toile cirée (aujourd’hui il fait beau, mais on est à Bergen…). Différents intervenants du comité d’organisation, de l’armée ainsi que d’autres officiels se succèdent, entre deux chansons ou jeu de carillon de la cathédrale. Nous entonnons fièrement l’hymne que l’on connait maintenant par cœur, remplies de réel amour pour ce pays ! S’ensuit l’intervention de Erna Solberg – Madame la Première Ministre en personne ! « Iron Erna », la chef du parti conservateur qui a remporté les dernières élections, ancienne maire de Bergen, fait un beau discours (dont on comprend presque la moitié, si si !), sur l’estrade toute simple a moins de 20 mètres de nous. La proximité des personnalités politiques, comme royales, nous étonne dans ce pays : la semaine d’avant, le roi en personne participait avec les mômes de la ville à un concours de pêche à ce même endroit. Les jardins de sa résidence d’été, au sud de Bergen, sont d’ailleurs entièrement ouverts au public, et tout le monde peut se balader jusqu’à sur sa terrasse même, sans restriction (ah si : les barbecues sont interdits quand le roi est présent).
Apres toutes ces émotions, quelques heures de repos à la maison sont bienvenues. En fin d’après-midi on replonge dans les rues en fête, pour constater que beaucoup de jolis bunads ont été remplacés par des tenues de ville ou de soirée, et que la plupart des norvégiens, attablés en terrasse autour d’une bière, bavardent joyeusement entre amis ou en famille. La scène-drakkar accueille des groupes de musique pop et rock, tandis qu’une autre scène, sur la grande place du centre, présente des groupes classiques ou folkloriques. On flâne entre les deux places, on avale une soupe de poisson chez les Sostrene Hagelin (le fast food version pêcheurs), et on découvre un petit groupe de rock appelé Razika : quatre berguennoises de 20 ans, la coupe au carré et toute bien habillées en petit chemisier sage, qui se déchaînent sur leurs guitares électriques. Un de leur tube s’intitule «Oslo – tu n’es rien pour nous » et nous séduit aussitôt !





Le lendemain, il fait toujours aussi beau et nous allons déjeuner sur la plage, avec notre barbecue et nos saucisses et courgettes à griller. L’eau est belle (mais froide) et les petites cabanes de pèche rutilent sous le soleil.
On poursuit ensuite dans la veine patriotique en allant visiter l’ile d’Ole Bull, LE violoniste et compositeur norvégien, né à Bergen en  1810. Les années 1840-1867 ont marqué pour la Norvège en « union » avec la Suède une période de renaissance culturelle : Ole Bull au violon, Edvard Munch aux pinceaux et Henrik Ibsen a la plume ont tous chanté l’identité norvégienne et contribué à la naissance d’un sentiment d’indépendance si fort que le 7 juin 1905, la séparation de le Suède est déclarée par le Parlement norvégien à l’issue d’une escalade de tensions politiques et militaires.
Ole Bull lui-même a finalement passé plus de temps à l’étranger, se produisant pour des concerts exceptionnellement réputés en Europe et en Amérique, amassant une petite fortune avec laquelle il acheta toute une région de la Pennsylvanie, dans les jeunes Etats-Unis, avec l’idée d'en faire une mini-Norvège libre. Hélas, son choix était plus guidé par les qualités esthétiques des forêts et des montagnes qui lui rappelaient sa mère patrie que par la fertilité de la terre, et bientôt tous les colons durent partir du mini-pays appelé « Oleana » (d’après son nom et celui de sa mère, Ana).























En 1872 Ole avait 62 ans quand il se fit construire, sur une petite île au sud de Bergen, une splendide villa tout en bois et en spirales, pour y passer ses étés. Il y mourut en 1880. Dans la villa, l’immense salle de musique contient plusieurs instruments anciens et particuliers, que nous admirons avant de nous promener sur le petit sentier qui fait le tour de l’île. C’est aujourd’hui l’ouverture annuelle, et un jeu de piste semble avoir été organisé par le grand quotidien le Bergen Tidende : des centaines de familles se pressent sur l’embarcadère pour s’entasser, 40 personnes à la fois, dans le petit ferry qui fait la navette sans s’arrêter un instant, industrieux petit bateau peu habitué à de telles foules. Cela signifie plus d’une heure d’attente avant de pouvoir embarquer vers l’île et pareil au retour. 



La terrasse royale










Rhododendrons sur Fjellveien



















Pour évacuer la frustration de l’attente, nous allons nous dégourdir les jambes dans les jardins du roi. Il fait beau et les rhododendrons sont en fleur, c’est la plus belle saison à Bergen, lorsque le soleil ne se couche que tard sur le fjord, dans un spectacle interminable de couleurs incroyables… ja, vi elsker dette landet !

vendredi 9 mai 2014

WE de voile dans les fjords

25 avril, Laure est rentrée quelques jours à Bordeaux et pendant qu'elle a le dos tourné, il ne m'a pas fallu longtemps pour me retrouver sur un bateau :o)

Le club étudiant de Bergen pour qui je donne des cours de voile organise un week-end entier de navigation. Départ le vendredi sur nos "Albin Express", 2 bateaux, 9 étudiants déjantés (8 nationalités différentes!) et une météo estivale: grand soleil et vent faible mais juste ce qu'il faut. Doucement mais surement nous passons le pont d'Askøy, la pointe sud de cette même île, puis arrivons à Lille Sotra au yacht club local.







On amarre les bateaux puis investissons la "hytte" locale. Les hytter sont des cabanes en bois plus ou moins grandes, construites exactement comme celles qu'on faisait petites avec des barrettes en bois, et que l'on peut louer. Celle-ci est immense, tout en bois magnifique et a tout le confort nécessaire (douche, lave vaisselle...)








Samedi le temps est très calme, on décide vite avec l'autre skipper Jørgen de se rendre (lentement) dans une petite île de sa connaissance où nous pouvons mouiller à la Scandinave: on plante une ancre à l'arrière, puis on laisse le bateau avancer jusqu'à toucher le cailloux. Là un habile équipier saute sur la roche accore muni d'une longue aussière qu'il attache sur un pieu ou un arbre, puis on reprend un peu de la chaîne d'ancre pour éviter que l'étrave ne touche.







Il fait tellement chaud exposés au sud que certains sautent à l'eau en attendant que les saucisses ne grillent sur le feu que l'on a improvisé dans un trou de roche. Le cadre est absolument magnifique...

On repart comme une brise se lève, pour quelques bords sous spi, ça fait toujours plaisir à tout le monde.












Mais l'une des équipières, étudiante en macro-biologie maritime, veut absolument pêcher, au grand dam de notre autre équipier végétarien. Bon on met une ligne à l'eau puis allons taquiner un peu les bords de cailloux. Bingo, ça tire, et l'on remonte pas moins de 4 poissons, une espèce de lieux noirs. On en rejette diplomatiquement  2 pour assurer la paix à bord et on en dégustera deux le soir !











Retour au port, les conditions sont favorables sur ces bateaux très légers et j'ai la flemme de m'épuiser sur le hors-bord capricieux. Allez on rentre à la voile, c'est quand même plus élégant ! Quelle journée fabuleuse !!!

Le dimanche nous rentrons à Bergen, profitant de conditions toujours très favorables, entre spis et bords tranquilles dans le Byfjorden...



Plus de photos ICI.





L'appel du large...

Notre beau bateau est sa belle grand-voile
1er avril, Saltimbanque retrouve enfin son élément: la vase... euh à marée basse seulement hein :o) A marée haute il flotte vaillamment et nous sortons quelques jours plus tard vérifier que tout fonctionne correctement. Notre nouvelle grand-voile est magnifique, toute blanche, profilée à merveille, on en est ravies.







Laure pas mécontente






Camille emmitouflée (notez le nouveau bimini)





















Boulogne en Avril, c'est calme !

A la veille du week-end de Pâques, une envie subite de moules-frites nous prend... départ à 5h du matin avec la marée, puis cap sur Boulogne ! On commence mollo dans la belle lumière du petit matin, protégés du vent par la côte. Puis passé la pointe de Beachy Head, on réduit la toile et partons au près à travers les cargos. Le vent monte franchement, un petit 6 quand même hein ! Ca passe bien, mais on regrette les températures tropicales... Après quelques péripéties avec Nestor qui a un peu de mal à se remettre du long hivernage, nous arrivons dans un Boulogne désert, 11 heures de navigation à 5.75 nœuds de moyenne, pas mal !






On aurait eu tout le temps d'aller savourer nos moules et nos frites si les douaniers n'avaient pas décidé de nous contrôler (faut dire qu'il n'y avait pas beaucoup d'autres voilier à fouiller dans les parages...) Ils s'avèrent courtois, voire même sympathiques et insistent pour nous aider à réparer le moteur qui ne veut pas démarrer - mais on prend du retard sur le dîner... Finalement nous arrivons à nous libérer et déguster les bivalves tant attendus.












Eastbourne
Le lendemain, réveil à 5h et rebelotte direction l'Angleterre. Nous devons arriver avant l'avis de grand frais prévu dans la soirée. Nav sportive, entre grains, cargos, houle, et une moule qui ne devait pas être fraîche (pauvre Laure...) Finalement arrivée à Eastbourne dans l'après-midi. 24 heures de nav en 36 heures, on a bien mérité une bonne nuit!











A 3 il fera beau, 1... 2 ....
Le temps est radieux: grosse pluie et 7 beaufort de NE... Mais le vent doit mollir assez vite et on ose un bout de l'étrave hors du port dès que les rafales se font moins violentes. Il pleut des cordes, on se fait secouer dans la passe, sous deux ris-foc. Puis en environ 30 minutes, le vent tombe complètement et le ciel devient d'un bleu éclatant. Incroyable... On finit au moteur tractés par un Nestor très en forme à présent.




Petit bateau de pêche à Newhaven







Dernier jour du week-end de Paques, pétole molle. On en profite pour se réfugier au British Museum voir l'exposition sur les Viking ! Ah Norge... kjaere Norge...













lundi 14 avril 2014

De Kirkenes à Tromsø, 2 jours de croisière en Arctique

Cette année notre objectif est d'étendre nos horizons au delà de notre région du Hordaland. Direction le grand nord donc en ce 22 mars, plus exactement Kirkenes à quelques kilomètres de la frontière Russe. De là nous embarquons sur l'Hurtigruten, l'express côtier qui rallie infatigablement les villes côtières de Norvège depuis 1893, en un voyage aller-retour de 11 jours: Bergen - Kirkenes - Bergen.  (plus d'info sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Hurtigruten) Notre bateau s'appelle le Nordkapp et doit nous mener jusqu'à Tromsø.
Zoom sur le nord de la Norvège




Notre route en blanc au nord de la Norvège



























Kirkenes
Arrivée à Kirkenes, 61°N (le Nord du Canada), 30°E (pareil que le Caire). Il fait -10, tout est blanc, ils ne prennent plus la peine de déneiger les routes. Du coup plus de distinction entre la chaussée et le trottoir, cela donne à la ville un air de village sans route tracée. Cette ville minière se situe à 15km de la frontière Russe et souvent les panneaux sont traduits en cyrillique en plus du norvégien. On croise également beaucoup de véhicules russes, un peu rouillés, les bâtiments industriels ont un petit air soviétique, tout ça couvert de neige. Et pourtant on retrouve nos enseignes Norvégiennes familières.





On est bien organisées !





Assez de contemplation, il ne faudrait pas rater le bateau ! On prend le temps d'aller s'approvisionner en liquides diverses au Rema1000 du coin (et oui ça ne passait pas en cabine). Oui car l'Hurtigruten l'hiver, ça reste accessible pour une cabine mais ils se rattrapent sur l'alimentaire :oS Du coup, après quelques renseignements pris sur internet, nous embarquons avec notre fidèle bouilloire, et un stock conséquent de pâtes chinoises, plats lyophilisés, café, petit déj et kit à sandwiches. La banquise peut bien nous coincer, nous sommes prêtes pour un siège !



Le fjord de Kirkenes et son growler






Et c'est parti... Nous quittons le fjord de Kirkenes, parsemé de quelques growlers: le gulf stream ne rentre pas autant vers l'est et les rives sont complètement gelées. On voit également des phoques, des montagnes enneigées qui tombent dans l'eau, des lumières rasantes du nord, et on se gèle car il fait toujours -8 au plus chaud de la journée !!





Comment se réchauffer dans ces conditions ? Nous avons bien remarqué les deux jacuzzis à l’arrière du pont 6... On vérifie à la réception: oui oui ils sont en fonctionnement en libre service. Hahaaaa! (là on fait la tête qu'on a quand on a une idée derrière) Bon, il y a un moment délicat à franchir, celui où on est en maillot dans le vent avec les pieds nus dans la neige. Mais dès qu'on est dans l'eau à 40° c'est un pur bonheur ! Bien au chaud, un bonnet pour se prémunir du vent glacial, à regarder les fjords plonger dans la mer de Barents... Classe...







Mais sitôt rhabillées (oui, deuxième moment délicat...), l'Hurtigruten atteint sa première escale, le village de Vardø. Ses habitants le proclament la seule commune au climat Arctique de Norvège: la température moyenne sur l'année reste en dessous des 10°C. Le bateau sonne sa sirène lorsqu'il approche de la petite île qui abrite ce village de pêcheur. C'est très touchant, on n'a jamais vu un village comme celui-ci, dans un environnement aussi hostile. Une île battue par les vents, -10, de la roche et de la neige, et quelques maisons de pêcheurs. Quelques bateaux et quelques phoques dans le port. Le tout dans une lumière grise rasante (et encore il fait jour en cette saison) On a plus que jamais l'impression d'être au bout du monde. On a le temps d'un petit tour à terre, surréaliste. Le cimetière de l'église est particulièrement marquant. Cette première escale est celle qui nous marquera le plus. En partant des espèces de gros guillemots s'envolent au ras de la coque.



Une escale typique de nuit
La vie à bord continue: petite sieste dans notre cabine tout confort, dîner maison, une nouvelle escale de nuit, puis une autre. On va se coucher en laissant le service de communication interne allumé afin d'être réveillées en cas d'urgence... euh d'aurore boréale :o) A peine endormies, branle-bas de combat, des lumières polaires ont été vues à tribord ! On sort en panique, mais on ne voit que quelques vagues lueurs très pâles. Bof... on est crevées et on retourne se coucher.











Havøysund
D'après nos calculs le lever du jour va coïncider avec le passage au sud de l'île du cap Nord, passage au nord du point le plus au nord du continent Européen. 5h30 donc, nous sommes les seules passagères réveillées. Le pont est couvert de neige, l'escale du matin (Honningsvåg) est magnifique entre grains et aube naissante. On s'installe au salon du pont 7 pour admirer le passage entre deux îles toutes blanches. Magnifique soleil pour notre escale suivante: Havøysund.








Retour de la pêche à Hamerfest



Le temps d'une sieste, nous voilà déjà à Hammerfest. Toute la matinée du deuxième jour se passe à 71° de latitude Nord, soit au nord de l'Alaska et de la Sibérie, 500km au nord du cercle polaire Arctique. Cette fois nous avons le temps d'explorer la ville, qui abrite déjà un bateau sismique malgré la saison, et qui cet été sera le cœur de l'exploration pétrolière en plein boom dans la région. Les rues, les pontons, les bateaux sont toujours aussi enneigés. Les montagnes qui sont à présent de plus en plus abruptes, sont couvertes de structures prêtes à protéger la ville de possibles avalanches. Le temps est magnifique et les points de vue superbes.










Ça se dégrade...
Et nous repartons. On retourne se mettre dans le jacuzzi pour admirer les fjords. Le temps se dégrade: il neige, le vent forcit, il fait vraiment froid. Quelques escales rapides et glaciales ponctuent la route. On retourne préparer notre dîner dans la cabine puis sortons à l'arrière du pont 7 pour le manger. Les passagers sont tous au restaurant, le pont est désert sauf un égaré. On arrive. Étonnant cette pâleur derrière ce nuage, ce serait la lune ? Une bourrasque chasse le nuage, et dévoile l'aurore boréale ! Elle se concentre, devient plus verdâtre, mais toujours plutôt pâle. Les fameux drapés se forment, se concentrent, se déplacent, occupent tout le ciel, puis se recentrent à bâbord. C'est toujours très pâle et impossible à photographier, et ça bouge assez vite quand même. Puis au bout de 5 minutes environ, l'aurore se disperse et s'étale en lueurs pâlottes dans tout le secteur nord. Les autres passagers arrivent, il n'y a plus rien à voir. C'était notre aurore boréale :o)



Tromsø vu depuis la montagne
Nous arrivons 2 heures plus tard à Tromsø, notre destination finale où nous passons la journée du lundi. La ville est magnifique, sur une île, encadrée de montagnes enneigées en général plus abruptes que par chez nous dans le sud (à 1500km au sud quand même hein...). Evidemment on visite la cathédrale arctique, un joli édifice moderne et pointu. Puis on se décide pour l’ascension de la montagne à l'est de la ville. Il y a un téléphérique mais c'est bien plus marrant (et plus humide) de monter dans la neige. La vue est sublime: outre les montagnes enneigées et les maisons multicolores, la mer est moins profonde que chez nous et prend des couleurs turquoises. C'est vraiment superbe.



Tromsø et sa cathédrale "arctique"
On redescend, un petit tour au musée polaire (les expéditions d'Admunsen sont parties de Tromsø), on salue le voilier "la Fleur de Lampaul" qu'on est bien surprises de trouver là ! Le temps se dégrade, on commence à geler et ce n'est pas le fiskekakke mangé sur la place qui nous réchauffe. Direction l'aéroport, par le réseau de tunnel et ses deux rond-points au milieu, puis nous regagnons notre ville de Bergen finalement si tempérée, ou les couleurs printanières commencent définitivement à poindre.









Quelques jours plus tard, jeudi midi, le Nordkapp arrive en baie de Bergen, sous les fenêtres du bureau de Camille. La boucle est bouclée, d'ici quelques heures le Nordkapp remet le cap vers Kirkenes...

Pas mal la vue du bureau, hein ?

Pour plus de photos, cliquez ICI.

mercredi 2 avril 2014

Saltimbanque change de peau

L'état de la peinture à la sortie de l'eau
Cela fait quelques années que la peinture de la carène de Saltimbanque cloque. Ce n'est pas très grave, tout les ans on ponce grosso-modo et on barbouille par-dessus. Mais cette année on a décidé de faire les choses bien et de traiter le problème en profondeur. Saltimbanque a donc passé une grande partie de l'hiver au sec pour un lifting bien mérité (et vu les coups de vent de cette année, on était bien mieux sur notre terre-plein!)








Le zinc est mis à nu partout où la peinture ne tient plus
Le plan d'action est établi après avoir discuté avec Maud du voilier Cirrus (allez voir leur super blog: http://cirrus.eklablog.com): ils ont refait la quille de leur Brise de Mer 31 récemment et nous conseillent sur le ponçage et le type de primaire à utiliser.
On enlève toute la peinture qui ne tient plus avec un grattoir puis on ponce jusqu'à atteindre la couche de zinc silicate qui protège l'alu. La coque est nickel, pas la moindre trace de corrosion, et il reste encore pas mal de zinc, parfait!





Quand il fait assez chaud, on ponce une dernière fois le zinc pour bien le marquer, on nettoie et on passe une première couche d'Inter-Protect, une primaire epoxy super étanche mais qui ne colle que sur le métal.

La couche grise étanche recouvre le zinc - et seulement le zinc
Toujours la primaire epoxy qui protège la coque


On recouvre cette première couche grise par une seconde couche d'InterProtect blanc
A ce moment commence le grand puzzle des primaires époxy. Nous en avons 2 types: la blanche (InterProtect) qui ne colle que sur le métal ou sur elle même, et la grise (Primocon) qui tient sur tout. S'ensuit un savant jeu de surcouchages et de débordements afin d'assurer une protection de 4 couches de primaires en tout endroit

Premier contourage en gris
Tribord, beaucoup moins atteint
Au fur et à mesure des couches, le gris grignote le blanc
Voilà c'est assez de primaire.
Maintenant le travail le plus agréable: recouvrir tout ça d'antifouling !

Première couche d'antifouling spécialement pour les endroits refaits

Et on continue à peindre en bleu


Pendant que ça sèche, on installe notre nouvelle grand-voile :o)


Et voilà le résultat après 4 week-ends de travail ! La coque est toute lisse !!! Et le bateau prêt pour la mise à l'eau ! Au passage remarquez notre nouveau pare-batte en mousse. L'ancien (nommé Jésus car c'est toujours notre pare-batte martyr...) a disparu dans un coup de vent en octobre. Bienvenue à Jésus2: la résurrection !
La quille, comme neuve

La coque complètement lisse, comme au salon nautique !























Le résultat est magnifique et on mitraille la carène dans tous les sens fières de notre travail. Car 2 jours plus tard le bateau a été remis dans l'eau, et quand  on voit à quoi ressemble notre place à marée basse, on peut imaginer que notre si belle peinture disparaît déjà sous la vase...