dimanche 7 septembre 2014

Et si on mettait cap à l'ouest ?

Vendredi 1er août nous trouve sur les quais de la gare de Gatwick Airport, sac au dos, en route vers Newhaven... Enfin les vacances, enfin retrouver notre cher petit Saltimbanque, on a très envie de naviguer loin après un an de croisières de 3 jours maximum.

Samedi, plein de courses, préparation du bateau, installation de la nouvelle girouette (l'ancienne a cassé certainement sous le poids d'un goéland obèse), et nous voilà parties avec l'envie d'avaler des milles et de ne pas s'arrêter de naviguer avant plusieurs jours !



Lever de soleil en mer...
La météo est conforme à nos attentes réalistes: vent d'ouest modéré à assez fort, mer bien agitée, et c'est parti pour du près serré. On se rappelle vite comme le côtier est plus fatigant que le large: il faut virer régulièrement, ce qui empêche la personne hors-quart de dormir, le vent est très changeant, il faut veiller les pêcheurs, et le courant nous empêche de progresser décemment pendant 6 heures. Après un début de nuit très sportif qui finira de réduire l'estomac de Laure en bouillie, le vent tombe brutalement nous contraignant à de nombreuses manœuvres de voiles, et finalement à un sur place frustrant. Heureusement les étoiles sont toujours aussi belles, compagnes de tant de nos nuits en mer...

Avec le jour la thermique de nuit s'essouffle, le vent d'ouest se relève doucement et le courant renverse, on se rapproche de l'île de Wight. Il fait beau mais la première nuit a été fatigante et on tente de se reposer. Mais le vent se relève dans l'après-midi, nous obligeant à
de nouvelles manœuvres. On re-devient vite championnes des prises de ris et changement de voile d'avant. Avec la thermique le vent atteint un bon 5b, le courant forcit au large de l'île de Wight, dans une mer hachée et parfois bouillonnante de "marmites" (tourbillons de courants), nous fonçons à 8 nœuds sur le fond.




Deuxième nuit, même scénario de vent qui tombe. Mais nous commençons à être amarinées et nous profitons d'avantage de ces lents bords sous les étoiles. Nestor nous appuie tout de même pour finir la nuit... il va bien merci! Au lever du jour, nous sommes dans la grande baie de Weymouth, à l'abri des courants, en route lentement mais sûrement vers ce port. Il fait beau, la mer est plate, matinée agréable...









Weymouth, que l'on atteint le lundi 4 à midi après 40h de nav au près, est une jolie petite ville balnéaire anglaise. On y découvre ses maisons colorées, sa plage bondée au sable particulièrement fin, et ses quais noirs de monde s'adonnant au sport local: la pèche au crabe ! Il suffit de tremper dans l'eau un petit sac en toile plein de restes de poisson, et les crabes pincent à l’appât. C'est très populaire...









Phare de Portland Bill
Mais on va vite se coucher car malgré nos 2 nuits de nav d'affilée, nous devons mettre le réveil à 3h pour passer le prochain obstacle: le Portland Bill, une pointe où les courants sont très forts et créent une mer dangereuse si l'on ne passe pas pile au bon endroit au bon moment .

C'est chose faite, nous sommes en plein dans le peloton et passons au ras du phare à 6h le mardi matin. Le vent a tourné un peu plus sud et nous pouvons faire (quasiment) cap direct sur Dartmouth. On ne s'en plaint pas comme la baie de Lyme, longue de 40 milles, n'a que peu d’intérêt. Il fait beau entre les grains, on fonce, c'est parfait !





Arrivée à Dartmouth dans l'après-midi. Et soudainement quelque chose nous frappe: c'est joli ici ! Fini les falaises de craie et les rivages urbanisés de l'est de l'Angleterre! La ria de Dartmouth s'enfonce entre des collines verdoyantes, l'entrée entre deux châteaux médiévaux nous mène au cœur d'une mignonne petite ville aux maisons multicolores. Bienvenue en Cornouailles ! En plus les dauphins nous font un festival à l'arrivée...








On ressort notre annexe pour aller à terre, elle qui dormait au fond de son coffre depuis le retour du grand voyage. On commence à vraiment se sentir bien à bord... La ballade à terre est chouette malgré une pluie insistante. Après quelques maisons médiévales on se réfugie dans le premier pub venu: très bon choix les plats de poisson sont un délice !!! Et finalement on rentre à bord juste avant qu'il ne se mette à vraiment pleuvoir, que demander de plus :o)








Départ aux aurores comme nous avons toujours le courant favorable en matinée, il fait un temps parfait, 3-4b  grand soleil, comme on n'ose pas l'imaginer. On passe Start Point, puis un long bord nous amène à la River Yealm. Ca c'est la bonne inspiration de Laure qui a trouvé cet abri par hasard en feuilletant un guide nautique la veille. L'entrée est sinueuse, nécessite un peu de pilotage, suivre deux alignements pour éviter la barre de sable qui ferme la rivière, puis derrière la pointe le plan d'eau s'élargit et abrite de nombreux bateaux au mouillage. C'est magnifique, après un petit tour on prend un coffre sous les arbres.




Il fait beau, presque chaud, et si on se baignait du bateau ? Le courant est fort et on laisse traîner un bout et un pare-batte derrière le bateau pour se rattraper au cas où. Mais elle est bonne en plus !!! Vérification de la coque, jeu dans le courant sur le bout, quelques plongeons pour Laure, puis lavage à l'eau de mer et rinçage au pulvérisateur... on est bien... Le soir on remonte les bras les moins profonds de la rivière en annexe, c'est superbe. Vraiment l'escale parfaite...








Jeudi, le vent est toujours calme, annoncé du Nord. Alors il faut vous dire qu'il y a quelques années (enfin 8 très exactement...) au cours d'un weekend-découverte en voiture, nous avions visité un petit village coincé dans la roche, Polperro, qui nous avait beaucoup plu, mais nous semblait déjà à l'époque très difficile d'accès à la voile. Aujourd'hui les conditions (vent de terre faible) semblent être là, alors on tente le coup.

L'entrée est encore plus microscopique que dans nos souvenirs. On a juste la place de faire demi-tour dans la faille de rochers, mais on y est ! Nous sommes seuls pour l'instant et prenons un des 4 coffres, à notre avis le seul où on n'évite ni sur les cailloux ni au milieu du "chenal". Un peu stressées mais pas peu fières! On profite de notre écrin entre les rochers, aux portes de ce petit village de pêcheurs inaccessible, puis on monte dans l'annexe pour aller à terre, consciente de notre statut de privilégiées.





Quel choc lorsqu'on arrive à terre... Et oui l'homme a inventé la route pour rejoindre les villages isolés, puis il a inventé les touristes et enfin les autocars... Ca grouille de monde partout, et même si on reconnait le petit village de nos souvenirs, on est un peu en décalage avec l'humanité (bon certes, c'est pas nouveau...) Un peu agressées, et Camille un peu stressée par la thermique qui forcit et menace de s'engouffrer dans l'"abri", nous retournons à bord et déguerpissons. Quelques autres bateaux avaient tentés de nous rejoindre, un seul avait osé rester, son équipage nous double en annexe et part encore plus vite que nous !






Mais on l'a quand même fait et nous sommes heureuses de rejoindre pour la nuit la (laaarge) rivière de Fowey. Surtout qu'une magnifique goélette nous croise sur la route. Le soir ballade en ville, puis visite du Yacht Club local pour faire un point météo: l'ancien cyclone Bertha a décidé de venir nous chatouiller et il va falloir trouver un bon abri dans quelques jours.









Pour l'heure c'est calme... Vendredi nous voulions aller dans la Helford river, mais il n'y a pas un souffle. Nestor joue du piston et nous nous déroutons sur Mévagissey à quelques milles de là. Mevagissey est un autre "port de poche" de la Cornouailles, mais après Polperro ça nous semble très large ! On s'embosse le temps de quelques heures à terre, entre baignade et déjeuner de la spécialité locale, les Cornish Pasties !







Toujours pas de vent, on décide de retourner sur Fowey non sans sortir un peu le spi de sa chaussette. Et oui après tout, on retourne vers l'Est, au portant ! Fini le près ! Le spi tient bien dans une légère brise, on fait route vers la rivière, on avance, dans la rivière, sous spi... on doit être beau vu des falaises... Allez il va falloir songer à s'arrêter, on affale, puis on prend notre coffre à la voile, c'est tout de même plus élégant ! Ballade sur les collines environnantes le soir pour se dégourdir les jambes.






Ah bah si elle a quand même sauté dans l'eau...
Samedi, il est temps d'aller prendre nos quartiers pour le coup de vent, direction Plymouth ! Nous sommes au portant et ressortons notre compétence en génois tangonné. Ca va on sait encore faire ! L'idée était d'aller faire un tour dans la rivière Tamar avant d'aller au port. La navigation est sportive, dans de fortes rafales et du courant non moins fort, mais à part ça c'est vraiment moche... on a repéré un chouette mouillage à l'entrée à côté de l'île Drake: demi-tour, on retourne se mettre en bord de plage. Ah mouiller, ça faisait longtemps... sonder, sortir la chaîne, se disputer sur l'endroit exact où jeter l'ancre (même pas trop en plus cette fois !), mouiller, prendre un alignement de contrôle, et plonger voir l'ancre. Laure ? Laure j'ai dit plonger voir l'ancre! Comment ça elle est froide et y a 8m de fond ? Bon ok ça ira pour le temps du pique nique...



Direction la marina de Plymouth pour y passer le coup de vent, et découvrir la ville de Drake et de Nelson. Certes défigurée par les bombardements allemands, elle est relativement agréable avec quelques maisons moyenâgeuses conservées, une superbe esplanade avec vue sur la baie, et beaucoup de bars et restaus sympas. Et on en profite pour dormir, dormir, dormir sans réveil pour la marée...







Nous restons coincées 2 jours par le coup de vent, profitant le lendemain d'un bus pour la région de la river Yealm pour une très chouette ballade en bord de côte.









Mardi le vent est sensé mollir, le courant favorable est toujours le matin, réveil à 4h et départ au petit jour dans finalement pas trop d'air mais encore pas mal de mer. Mais au portant ça va. On repasse devant Salcombe, puis Dartmouth où le vent fraîchit beaucoup dépassant certainement les 30 nœuds un moment. On continue un peu inquiètes de ce qu'on va trouver derrière Berry Head, la prochaine pointe. On croise des marsouins au passage. Heureusement la "Tor Bay" est mieux abritée et on rejoint Brixham.

Alors Brixham c'est très joli, mais pour nous c'est surtout l'escale où on a galéré avec l'amarrage... D'abord sur un coffre, puis il nous faut bouger sur une très mauvaise place à couple au vent dans de très fortes rafales, on plie (un peu) un chandelier dans la bagarre avant de fuir ce piège et finir à couple sous le vent d'un vieux gréement à l'équipage très sympathique. Entre toutes ces manœuvres on se ballade sur le port de pêche, assez authentique, et qui possède une réplique taille réelle du bateau sur lequel Drake a effectué son mythique tour du monde. Entre nous, c'est un sabot !!! Incroyable qu'il ait passé le Horn contre le vent avec ça...


Mais pas le temps de contempler, quelques heures de sommeil et départ à minuit (après 12h d'escale) pour rejoindre la partie moche du pays l'Angleterre Est.

Nous retraversons la baie de Lyme, cette fois complètement au portant, d'abord voiles en ciseaux puis génois tangonné seul. Le courant est contraire mais faible dans la baie et nous avançons bien. Nous sommes au large du Portland Bill à la renverse, et là le rythme s'accélère. Il y a 114 de coeff et le courant est impressionnant. Nous filons plus de 10 noeuds sur le fond... Du coup on progresse vite et atteignons la baie de Swanage juste à la renverse suivante. Ca souffle fort et on est contentes de trouver des coffres dans cette anse stratégiquement positionnée au sud du bazar de la baie de Poole dans laquelle nous n'avons pas, mais absolument pas du tout envie d'aller!

On se repose toute la nuit, dans l'ombre du Tenacious, un grand 3-mâts anglais venu lui aussi mouiller là, et que nous avions vu à Bergen quelques semaines plus tôt.


Jeudi, en route pour le Solent ! Nous entrons par le mythique chenal des Needles, l'entrée est très agitée par le courant avec ces forts coefficients. Le tapis roulant du Solent nous amène à Cowes la mythique dans un vent fraîchissant franchement en bord de grain. A notre grande surprise, les marinas ne sont pas chères du tout, on s'attendait à une débauche de luxe et bien pas du tout. Faut dire que le cadre ne s'y prête guère: qu'est ce que c'est moche !!!





Avant d'explorer la Mecque de la voile, direction East-Cowes par le ferry à chaînes pour visiter la demeure d'Osborne. Ce château et son immense terrain fut la résidence d'été de la reine Victoria, et également l'endroit où elle mourût. La visite est intéressante, nous en apprend beaucoup sur la famille royale anglaise et les modes de l'époque. La ballade dans le parc et la plage privée est humide mais sympa.






Retour en ville, pour un tour un peu décevant. Certes tout tourne autour de la voile, on trouve tout l'équipement dont on rêve voire plus (quelqu'un m'explique l'intérêt
du short de ciré ??), certes on croise des yachts clubs prestigieux, des canons de départ de régate, et la boutique de Beken of Cowes, mais il n'y a que peu d'ambiance, pas de beau bateau de course ou de vieux gréement, et finalement on va se coucher bien vite.






Vendredi, départ avec le courant (pourquoi s'en priver !) pour sortir du Solent par l'Est, slaloms entre les tankers et les régatiers. Quelques milles derrière, virage serré à gauche, passage sur la barre de sable (ça va il y avait assez d'eau) et nous entrons dans les méandres de la baie de Chichester. C'est un plan d'eau fermé auquel on n'accède que par un étroit goulet et sa barre donc, composé de plusieurs rivières qui s'étalent dans un terrain très plat. Oui il y a en effet un côté qui nous rappelle furieusement les eaux intérieures de Hollande. Naviguer à la voile (élégance quand tu nous tiens...) dans ces chenaux est très agréable et paisible.... si ce n'étaient les centaines (voire milliers) de dériveurs qui s'égayent partout !!! A priori on n'a pas retrouvé de moustique écrasé sur notre étrave, mais c'était serré! On remonte jusqu'à Bosham, joli petit village historique (enfin derrière les voiles fluos), puis on retourne mouiller plus près de l'entrée au bord d'une plage. On mouille à la voile car tel est le thème de la journée, puis on tarde à descendre à terre, entre le courant qui forcit jusqu'à un bon 4 nœuds et un gros grain qui nous tombe dessus. On débarque finalement au crépuscule, l'heure où les coques sortent de leur cachette pour prendre le frais, il n'y a même pas besoin de creuser, ça se ramasse comme des bigorneaux! Parfait on ne savait pas quoi manger ce soir... En rentrant à bord on réalise qu'on est bien trop près du banc de vase et on remouille rapidement au moteur en eaux plus profondes, comme quoi l'élégance à ses limites...



Samedi, il est temps de faire route sur Newhaven... Le temps se dégrade et le vent doit monter rapidement dans la journée jusqu'à atteindre 7-8 beaufort en début de nuit. Départ donc à 6h30, pour une journée qui nous verra exploiter tout à tour toutes nos techniques de voile au portant ! On commence la journée sous spi, jusque vers midi, puis le vent forcit et on tangonne le génois voiles en ciseaux, puis on détangonne pour filer au grand largue comme le vent forcit en tournant, puis on prend un ris, puis on affale la GV, puis on prend quelques tours d'enrouleur juste avant l'auloffée finale dans le chenal de Newhaven. Une chouette nav, et un timing parfait, à peine 2 heures après être amarrés ça commence à souffler vraiment sérieusement et on se réjouit de notre optimisation.

Une croisière vraiment excellente où nous avons complètement retrouvé notre rythme de vie de Saltimbanques. Laure a même fait du pain ! On repartirait bien, cap à l'ouest....

Et voilà toute la route ! Pour plus de photos cliquez ICI.







mercredi 27 août 2014

Tout au bord du bout de la langue du Troll!

Il y a plusieurs randonnées mythiques en Norvège, dont la montée au Preikestolen de Stavanger et aussi donc la ballade au Trolltunga dans le Hardanger, à peine de 3h de route de la maison.



Direction Tyssedal au petit matin de ce dernier week-end de Juillet. Magnifique route, entre vergers en fruits et fjord sous un très chaud soleil, la rando s'annonce aussi belle que sur les dépliants touristiques.

Mais les randonnées mythiques sont populaires malgré leur relative difficulté, des dizaines de voitures sont déjà garées en bas du chemin et les touristes s'égayent en masse :oS








Finalement la file s'étire avec le dénivelé et la ballade n'est pas surpeuplée, ouf ! Il fait extrêmement chaud et on se trempe avec délice dans les nombreuses cascades, vue sur le glacier du Folgefonna à droite et sur le Hardangervidda à gauche.









Puis au détour d'un virage, on voit le fameux lac du Trolltunga, long de plusieurs kilomètres, enserrés de falaises verticales de 800m de haut. Le cerveau n'arrive pas à suivre et aplatit l'image, on ne voit plus le relief!







Après 11km de montée plus ou moins raide, on atteint enfin la fameuse langue de pierre et... faisons 30 minutes de queue pour pouvoir nous aussi nous faire photographier tout au bout de la langue du troll...








Sympa mais si on continuait le chemin un peu plus loin, au lieu de rebrousser chemin comme 99.9% des visiteurs ? D'un coup nous sommes seules dans la montagne, on croise quelques petits rongeurs, on traverse quelques congères de neige ici et là, et 30 minutes de marche plus loin à peine, la vue sur le lac est à couper le souffle, encore plus belle que sur le Trolltunga, et tellement plus silencieuse! Notez la couleur turquoise sur les rives...

Ravie de notre coup, on redescend des images plein les yeux. Bon timing, à peine de retour dans la voiture, l'orage éclate et la pluie et si forte que nous devons nous arrêter sur le bord de la route, impossible de conduire dans la rivière qu'est devenue l'asphalte. On s'abrite dans une des nombreuses cahutes de vente de fruit: c'est la saison des cerises, il suffit de prendre son paquet de cerises et de glisser 50 couronnes dans la boite. C'est en libre service. Et les meilleurs cerises qu'on ait jamais mangées !!!!








Le lendemain nous profitons de Bergen qui accueille les grands navires à voile ce week-end. Quoi de mieux pour les admirer que depuis le pont d'un voilier ? Joli spectacle, malgré la pluie... Mais le grain passera suffisamment vite pour nous permettre un petit barbecue en soirée :o)






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dimanche 27 juillet 2014

Recoins maritimes

21-22 juin: Austevoll

Austevoll est un petit archipel au sud de Bergen. Accessible en ferry, les différentes îles sont reliées par des ponts ce qui en fait un terrain idéal pour l'exploration cycliste. On y trouve même des plages de sable, plutôt rares dans les environs, qui donnent à la mer une couleur turquoise assez sympathique. Elle est encore fraîche, on se contente de l'observer, et de dépouiller ses rivages des bigorneaux qui s'y prélassaient.

Frais aussi le barbecue que l'on se décide à faire dans la montagne. Le cadre est grandiose et nous sommes seules, mais on se gèle et on redescend prendre le dessert à la maison.






28-29 juin: Kayak à Askøy

Comme l'année dernière, nous aimons le kayak, et particulièrement dans les décors grandioses qu'offre la Norvège de l'Ouest. Mais il n'existe que peu de loueurs de kayak, et nous les avons déjà tous pratiqués plusieurs fois.

Plan B: louer le kayak en centre-ville, le mettre sur le toit de la voiture, et partir découvrir un nouveau rivage!

La mission "des barres pour la voiture" n'avait pas été facile, mais une fois équipées et prêtes à charger les embarcations désirées, nous apprenons qu'il est obligatoire de présenter un certificat de compétence pour pouvoir louer un kayak en Norvège. Bien... le loueur est sympa et nous organise une séance de formation rien que pour nous deux. Nous apprenons quelques techniques de pagayage, et surtout à gérer les situations d'urgence (chavirage, vidage de kayak, remorquage etc.) Nous voilà certifiées, et très contentes de ce topo très instructif avec un moniteur sympa. Les kayaks sont finalement hissés sur le toit de notre fidèle Clio, et c'est parti pour la côte Ouest d'Askøy.



La première journée de kayak est physique, face au vent forcissant heure après heure, levant une mer de face clapoteuse, certains passages en mer ouverte sont très fatigants. On longe tout de même l'île d'Askøy sur quasiment toute sa longueur pour arriver tout au bout où l'on plante la tente , absolument seules si ce ne sont quelques huîtriers pies et un troupeau de vaches qui traverse la baie avec de l'eau à mi-jaret...









Le lendemain on réalise qu'on a posé nos kayaks dans le pré de petit-déjeuner des vaches. Elles attendent patiemment, un peu curieuses quand même, qu'on déguerpisse. Sitôt le premier kayak à l'eau, elles se ruent sur l'herbe tant désirée :o)

Le voyage retour ressemble peu au voyage aller. Il n'y a pas une brise en ce matin, l'eau est comme un miroir et les magnifiques coques fines des kayak font des merveilles. On se faufile sans un bruit dans des coins plus magiques les uns que les autres, sur une eau claire et turquoise qui nous rappelle certains coins des Antilles.











Retour à Kollevåg non sans avoir razzié une nouvelle colonie de bigorneaux innocents qui passaient à portée de pagaie !!




Plus de photos ICI.

jeudi 3 juillet 2014

Y a plus d'saison...

Sur les bords du Hardangerfjord
Il fait chaud en ce week-end du 15 juin, très chaud... La température dépasse les 25° et le soleil tape. Nous partons donc nous réfugier sur le Folgefonna, le glacier qui se situe juste au sud de Bergen le 3ème plus grand glacier Norvégien. C'est un glacier dit maritime, c'est à dire qu'il n'est pas créé par une température extrême, mais par... des précipitations extrêmes... Il tombe 15 à 25m de neige par hiver sur ce plateau, trop pour que tout fonde en une (courte...) saison estivale.









La route, couverte par 15m de neige l'hiver
Nous roulons jusqu'au Hardanger fjord, que l'on traverse en ferry. Paysage toujours magnifique sous le soleil... Une fois à Jondal, la route monte carrément dans la montagne. A partir de 800m on rencontre la neige, à 1000m les lacs gelés, les congères taillées pour laisser passer la route, à 1100m l'eau turquoise émiettée d'icebergs, et à 1200m, la station de ski d'été du glacier !










On skie !
On hésite un peu sur la tenue à adopter, il ne fait finalement pas si chaud que ça mais le soleil tape. On chausse les skis un 15 juin, drôle de sensation... Puis on s'élance sur les pistes. Clairement à part quelques touristes égarés comme nous, la plupart des visiteurs de la station d'été sont des skieurs quasi-professionnels. Une équipe suédoise de descente s’entraîne, une gamine de 10 ans et son coach perso nous fait des super-G impressionnants, et sur la piste de free style les riders de grande classe enchaînent les back-flips et autres saltos arrières.



La neige est étonnamment plutôt bonne. L'astuce est de saler la piste pour faire légèrement fondre la glace, puis la dameuse passe, et la piste est plus qu'honnête. Enfin surtout le matin. A partir de 15h, ça devient un peu de la soupe... Mais on en a bien profité et les paysages sont grandioses.






Quelques heures plus tard...
A la fin de la journée on redescend la superbe route pour le camping de Jondal. Petit tour en barque sur le lac en T-shirt puis barbecue.. Tous les campeurs sont torse nus autour de leurs saucisses qui grillent, et de leur snow boards qui sèchent, surréaliste !









Le glacier à gauche et le son lac
Le lendemain au réveil le ciel est tout gris. On est un peu déçues mais alors qu'on reprend la route de montagne, nous finissons par passer au-dessus des nuages matinaux. Aujourd'hui on va marcher sur le glacier ! On part équipées comme pas permis et on atteint le glacier en lui-même après une petite heure de marche dans des paysages plus beaux les uns que les autres.











Passage dans une faille de glace
Une fois sur le bord du glacier, on s'enfonce dans quelques failles, on escalades quelques petites parois. C'est rigolo et très chouette, mais l'activité en groupe et encordés nous oblige à subir le rythme des touristes allemands si lents, et on se rappelle à quel point on est asociales...











Un WE autour du thème de la glace :o)





Du coup on rate le ferry de 18h. Mais on en profite pour prendre une glace sur le quai à Jondal, sous une chaleur écrasante, et on se ballade sur le port de cette très jolie bourgade en bord de fjord.

Pas envie de retourner bosser, c'est décidé le lendemain, on travaille de la maison :o)



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jeudi 19 juin 2014

C'est l'été....

C'est l'été à Bergen depuis début mai où le temps s'est mis résolument au beau. Mis à part quelques jours de pluie intense, le soleil brille et les températures dépassent régulièrement les 20°. On partage donc nos week-ends entre diverses occupations de plein air...

11 mai: ascension du Gulfjellet

Le Gulfjellet, littéralement la montagne jaune, est le plus haut sommet de la commune (étendue) de Bergen: 987m d'altitude. Nous décidons sont ascension par la face nord, et même s'il est raide le chemin est absolument superbe, une de nos plus belles randonnées en Norvège. A partir de 700m de haut environ, la neige commence à pimenter la balade.








Mais quelles couleurs ! Le ciel si bleu, la neige brillante sur la roche noire, et cette vue jusqu'à loin au large à l'ouest, jusqu'au glacier du folgefonna au sud et au Hardangefjorden à l'est... On descend la face sud en croisant quelques skieurs qui randonnent planches au pied.





Une fois à la Redningshytten en bas de la face sud, on se rappelle que la voiture est garée de l'autre côté et on remonte une deuxième fois jusqu'au sommet pour redescendre l'autre versant, toujours aussi joli...








24-26 mai: sur Saltimbanque 

Cette année on a décidé de passer du temps en Norvège pendant la meilleure saison, en mai-juin. Mais il nous est difficile de ne pas naviguer de temps en temps sur notre petit Saltimbanque qui nous attend sagement à Newhaven.

Petite balade en Angleterre sud pour ce week-end de 3 jours. Nous partons vers l'ouest dans un petit vent de sud très bien. Tout serait parfait sans ces nuages bien noirs à l'horizon au vent... Ils approchent, premier éclair, premier grondement de tonnerre... Comme sous les tropiques on cherche la porte de sortie, mais le grain est large, et se déplace très lentement, il semble difficile de l'éviter. Heureusement les éclairs cessent lorsque le phénomène nous touche. Mais quelle pluie !! Et quelles rafales ! Certes nous sommes au près, mais on ne tient plus la grand voile et continuons sous foc 1 seul pendant quelques minutes humides. On veut bien les grains tropicaux, mais seulement si on a la température et les alizés qui vont avec !

Ensuite le temps se dégage mais le vent faiblit, refuse, et surtout le courant renverse. Nous sommes crevées, il est tard, on abandonne Chichester pour visiter Littlehampton plus proche. Le courant de marée à l'entrée est impressionnant, et on étale tout juste au moteur dans la baie pourtant plus calme du port... Nous sommes un peu déçues par la ville, très similaire à Newhaven alors qu'on nous avait vanté un petit coin de nature...








Le lendemain Laure est patraque, trop de soleil la veille sans doute... On rejoint donc calmement un port facile et qu'on connait bien: Brighton. La nav au ras de la côte avec un bon 4b de sud et un grand soleil est toutefois très agréable. On arrive tôt, juste avant la pétole molle et on s'offre une grande sieste suivie d'une grande nuit !

Dernier jour, il ne nous reste que 6M à parcourir dans un vent de Nord (de terre) rafaleux. On sort plutôt toilées, à peine un ris et quelques tours dans le génois, sur une mer toute plate. Le vent est finalement assez fort mais ne lève aucun clapot au ras des falaises. On s'offre quelques aller retour au travers en glisse pure, à 6.5 nds sans à coup c'est génial ! Allez assez joué on rentre au port sous une pluie naissante, qui s'intensifie...

Finalement on repart un peu frustrée de notre week-end, naviguer 3 jours entre une réunion et un avion c'est bien, mais on regrette des navigations où on avait vraiment le temps d'aller quelque part... Mais patience, un jour nous aurons le temps de nouveau...

7-8 juin: en ville, en mer et en montagne !

Samedi 7 juin, c'est la gay pride à Bergen ! On va faire un tour le long du (très) modeste défilé (très exactement 732 personnes !), dans une ambiance festive. De manière très surprenante il y a une écrasante majorité de filles alors que leur présence est habituellement anecdotique dans tous les autres événements de ce type.






Bien on a militanté 2 heures, allons faire du bateau plutôt ! Départ de Sotra où l'un des bateaux de notre club local est désormais amarré. On embarque un collègue et un barbecue avec nous, et après quelques bords sous le soleil on rejoint la petite baie abritée où l'on peut mouiller pour dîner. Barbecue tranquille dans le soleil couchant du soir, puis retour au port dans les dernières lueurs du jour à 22h30.















A chaque sommet il y a une boite avec un carnet ou les
randonneurs inscrivent leur nom
Le dimanche on veut randonner ! Direction Overdal au sud est de Bergen pour l'ascension du Sviningen. Petite ascencion jusqu'au sommet à près de 800m de haut. La neige a complètement fondue en 1 mois et nous ne retrouvons pas la magie de l 'ascension du Gulfjellet. La balade continue ensuite sur une arête (en vérité plus une succession de sommets car les bords ne sont pas abrupts du tout) pour redescendre de l'autre côté après une petite promenade du dimanche de 6h30.


Chouette balade, mais on veut du grandiose ! Mais patience, pour la semaine prochaine on a un plan...

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